Le trauma de suspension

- Bruno Martin, conseiller en prévention

Le trauma de suspension survient lorsque le travailleur reste suspendu dans son harnais pour une longue période.

Le sang du patient s’accumule dans ses jambes et du même coup, prive le cerveau de l’afflux sanguin le privant ainsi de l’oxygène, vital à son bon fonctionnement. D’après plusieurs études, le temps de suspension du travailleur est de 10 à 20 minutes dépendamment de sa condition physique, après quoi, des dommages irréversibles peuvent survenir allant même jusqu’à la mort.

Quoique nouveau sur la construction (environ 20 ans), le trauma de suspension existe depuis fort longtemps, car les Romains crucifiaient leurs criminels ou victimes, en les suspendant sur une croix jusqu’à la mort ; leur sang s’accumulait dans leurs jambes et privait le cerveau du précieux liquide. Lorsque les militaires font des parades, il y a toujours des soldats au garde-à-vous et quelque fois, il y a quelqu’un qui tombe évanoui. J’ai toujours cru qu’il avait pris un coup la veille et puisqu’il était faible, il s’était évanoui quelques secondes pour ensuite se relever constatant que tous les spectateurs avaient ri de lui, mais la vérité est tout autre. Le soldat était resté debout trop longtemps sans bouger ; son sang s’est accumulé dans ses jambes et s’est évanoui par manque d’oxygène  au cerveau. Le corps humain étant une machine complexe, il a fait évanouir notre soldat et en tombant à l’horizontale, a fait revenir le sang à son cœur, qui l’a ensuite poussé au cerveau, puis s’est enclenché le réveil du soldat.

Lorsqu’on tombe dans un harnais, on reste à la verticale, donc le sang ne peut remonter au cerveau, d’où l’importance de se munir d’un plan de sauvetage qui sera exécuté dans les plus brefs délais. Le cœur, de par sa configuration, ne peut tirer, il peut seulement pousser. Il pousse le sang dans nos jambes jusqu’aux orteils.  De là, la pression le fait remonter un peu, mais vu que le cœur ne tire pas, ce sont les muscles en bougeant qui agissent comme de petites pompes qui ramènent la plus grande partie du sang des jambes à notre cœur, qui à son tour, le pousse au cerveau. Pour ajouter de précieuses minutes à notre patient, s’il est conscient, on peut soit lui demander de s’asseoir dans son harnais et de faire bouger ses jambes à l’aide de ses mains, on peut aussi placer un objet (un 2X4, une tige de fer, etc.) sous ses pieds et lui demander de bouger les jambes ce qui aura pour effet de faire remonter le sang au cœur et d’enlever de la pression dans les aines.

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