La force ouvrière dans la construction (partie 1)

- Bruno Martin, conseiller en prévention

La force ouvrière dans la construction est constituée de deux groupes distincts soit les jeunes travailleurs non expérimentés et les plus âgés possédant de bonnes ou mauvaises expériences.

En cette première partie de deux, nous allons nous attarder sur les jeunes non expérimentés. Selon des études, les premiers six mois de leur embauche, les jeunes travailleurs sont plus enclin à subir un accident du travail que durant toute leur carrière qui s’amorce. En moyenne chaque année, 8 jeunes meurent au travail. En 2012, 7 sont décédés et de ce nombre, 3 avait moins de 24 ans. Les causes principales étant le transport, frapper par ou contre, exposition à des substances chimiques ou nocives (espace clos). Les gestionnaires des  entrepreneurs doivent mettre en place des systèmes pour protéger ces travailleurs et se doivent de les informer, de leur procurer de l’entraînement, de les supporter et surtout, de les guider au travers du monde complexe de la construction.

Les jeunes travailleurs sont plus à risque, car ils n’ont pas l’expérience nécessaire à l’identification des dangers, ni des mesures à mettre en place pour se protéger.  Ils veulent mettre la charrue en avant des bœufs pour montrer à leur superviseur qu’ils sont bons. Ils ne veulent pas déplaire, sont gênés de dire leur opinion ou de poser des questions à un autre travailleur plus expérimenté s’ils ont un doute. Après avoir identifié un danger, ils vont attendre de voir si quelqu’un d’autre va en parler. Ils ne sont pas familiers avec le site, ne comprennent pas le pourquoi de certaines règles, etc. Ce n’est pas un de ces facteurs, mais une combinaison de facteurs externes et internes qui peut conduire a l’événement irréparable.

La supervision doit s’assurer que les jeunes travailleurs sont munis de tous les outils indispensables à leur sécurité.

Que ce soit de l’entraînement, une marche explicative du site, un accueil plus détaillé, leur montrer comment porter les EPI mis à leur disposition et lire les méthodes de travail propre au site et à leur corps de métier. Ce n’est pas seulement de leur donner ces outils, il faut aussi s’assurer qu’ils sont utilisés sur le terrain. Tu peux avoir les meilleurs outils sur le marché, s’ils ne sont pas ou mal utilisés, on connait la suite. Le parrainage avec un travailleur expérimenté est aussi un excellent moyen, j’irais même jusqu’à dire que c’est le moyen par excellence pour donner de la bonne expérience à nos jeunes. Il ne faut pas oublier que la moyenne d’âge est de 53 ans et plus dans le domaine de la construction. Donc nos jeunes sont nos futurs superviseurs.  Assurons-nous de bien les former avec une mentalité sécuritaire, pour que la prochaine vague de jeunes travailleurs soit encore plus en sécurité.

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