Une femme parmi les hommes de la construction…

- Catherine Cloutier, agente de prévention

Lorsqu’on m’a invitée à écrire un article pour le blogue, je me suis dit : humm! Quel sujet pourrais-je bien parler??? La santé et la sécurité est un domaine tellement vaste…  Quel sujet pourrait bien intéresser les lecteurs? J’ai donc pensé à ceci, étant une femme parmi les hommes de la construction!

Cela fait maintenant plus de 10 ans que je travaille dans le domaine de la santé et la sécurité sur les chantiers industriels

en 10 ans, j’ai dû côtoyer au moins un millier de travailleurs, superviseurs, gérants de projets; nommez-les! Mais au total, j’ai dû côtoyer, humm! d’après moi… 20 femmes, c’est le maximum! Bien sûr, je parle de femmes sur le terrain et non celles qui travaillent dans les bureaux. Je me souviens lorsque j’étais au cégep, je disais à mes consœurs qu’un jour, moi j’allais faire de la santé et sécurité sur les chantiers de construction et toutes me répondaient : t’es malade! c’est bien trop « rought » sur la construction, tu ne réussiras jamais!!!

Hé bien, j’ai réussi et non, finalement ce n’est pas si ‘’rought’’!!!  Je ne dis pas que c’est une partie de plaisir à tous les jours. Certes, j’ai eu à faire plusieurs interventions qui ont été plus délicates voire difficiles et j’ai eu, bien entendu, plusieurs prises de becs. Mais de nos jours, le monde de la construction est de plus en plus sensibilisé et la plupart des travailleurs avec qui je travaille ne sont pas des « gounes ».  Je connais par contre des femmes qui elles, ont trouvé ça ‘’rought’ durant les années 80-90. Il faut dire qu’à cette époque, nous en étions aux balbutiements de la santé et la sécurité au Québec et que la place de la femme dans la construction était vue comme une paria. Ce sont ces femmes  qui ont persisté et tracé le chemin dans lequel je me trouve aujourd’hui et je les en remercie.

Un projet, sur lequel j’ai travaillé l’an dernier a sans doute été mon « top » de la présence féminine ; trois électriciennes et deux boilermakers!! Wow! Six femmes sur un chantier de huit cents personnes. Toutes ces femmes en même temps, du jamais vu!! Il n’y avait pourtant que moi qui arborais un chapeau blanc! À plusieurs reprises sur ce même chantier, des travailleurs m’ont demandé si je trouvais ça difficile de travailler dans un milieu d’hommes. Tout comme mes collègues du cégep et malgré le fait qu’ils travaillent dans ce milieu, la perception d’un monde ’’rought’’ persiste pour la femme sur les chantiers…

Je crois en toute connaissance de cause, que les femmes ont leur place sur les chantiers de construction et qu’elles sont très bien accueillies par le milieu.

Je dirais même que les femmes apportent une dose de retenue, de questionnement et ont une plus grande facilité à communiquer.

Certes, vu de l’extérieur, le monde de la construction est et demeurera sans doute un domaine d’hommes. Je ne m’attends pas à une entrée massive de la gente féminine en bottes roses sur nos chantiers. Le monde de la construction est en fait une micro société dans laquelle la fraternité, le respect et l’amitié règnent. Il faut simplement y trouver sa place, se faire respecter et selon moi, travailler sur un chantier de construction est sans aucun doute une place ou la gente féminine y trouve son compte.

Alors, mesdames, n’ayez aucune crainte et assumez le fait d’être une femme parmi les hommes de la construction.

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